Vous vous êtes souvent posé la question « Suis-je trop gentil ? » et vous avez parfois même mesuré qu’effectivement vous l’étiez peut-être trop et particulièrement au travail, mais est-ce vraiment de gentillesse dont il s’agit ?

Au cours d’un stage récent de communication, les stagiaires à plusieurs reprises se sont interpellés avec des « oui mais, faut pas être trop gentil non plus ! » ou des « trop gentil…trop c.. ». Ce qui m’amène aujourd’hui à faire ce point parce qu’il serait dommage de se priver de cette valeur au prétexte qu’elle n’est pas comprise.

Le gentil est-il un être faible ?

 

C’est souvent ce sous-entendu qui transparaît dans les échanges « demande-lui, il est gentil… Il te dira oui ! » Être gentil pour beaucoup, se résume à être  incapable de se positionner avec assertivité, plutôt paillasson que hérisson finalement.

La gentillesse est parfois prise pour tout autre chose que ce qu’elle est réellement! Et bien évidemment au travail, que d’occasions de s’agacer de cette attitude de mollesse apparente et inhabituelle, là où il vaudrait mieux savoir s’armer pour se battre dans cette jungle, parce que quand même « on n’est pas au pays des Bisounours ! »

Il est suspect celui qui s’arrange toujours pour écouter vraiment, faire en sorte de comprendre et d’accrocher un sourire sur son visage !

Le gentil ou le soumis ?

 

La gentillesse n’a rien à voir avec le manque d’affirmation de soi. Quelques personnes « estampillées »gentilles manquent en fait cruellement d’affirmation de soi. Style : «- On mange ensemble pendant la pause. Tu préfères le chinois du coin de la rue ou la pizzeria à 100m ? » « -ça m’est égal, choisis toi, comme tu veux ! »

Beaucoup de personnes ont pris l’habitude de masquer leurs propres envies avec l’idée de protéger la relation, elles sont en mal de reconnaissance souvent, leur démarche est d’être ouvertes et adaptables, terriblement adaptables !

Sont-elles gentilles ? Non ! Elles cherchent surtout à éviter toutes formes de conflit. Cette attitude ne favorise pas le bien-être au travail. Disons que l’intention est peut-être de communiquer et de s’adapter, en revanche en termes de légitimité et d’appartenance, l’attitude n’est pas la bonne.

Manque-t-il au gentil la force de caractère ? Je crois que c’est exactement l’inverse ! Le gentil sait poser des limites à sa gentillesse, il sait dire non lorsque les événements, les demandes, démontrent une  incohérence avec ses valeurs.

Les personnes gentilles n’ont aucune trace d’agressivité, voilà la vraie différence. Elles savent que « faire avec » est beaucoup plus productif que « lutter contre ».  

L’utilité d’être gentil

 

Le « vrai » gentil n’est donc pas le Béni oui-oui que l’on croit. Notre société nous suggère encore que pour être compétitif et développer plus de performance, il faut se battre, se mettre en avant, devenir le meilleur. C’est une voie, mais ce n’est pas la seule et je pense d’ailleurs que ce modèle est en passe de devenir caduque… mais je suis peut-être trop gentille !

Nous commençons à comprendre que les rapports dominés/soumis sont en fait contre-productifs. Ils freinent l’expression des talents individuels, nuisent à la performance, sans compter les effets négatifs sur le bien-être de chacun. La gentillesse est le carburant de la confiance mutuelle utile au travail en équipe.

Le gentil sait faire preuve d’empathie. Dans sa communication il écoute avant de parler, il est attentif aux émotions de chacun, il est capable d’affirmer ses besoins simplement et respecte ceux des autres.

Peut-on devenir gentil ?

 

C’est un vrai chemin pour chacun de nous !  Avec plus d’ouverture sur nous-même, nous devenons aussi plus ouvert aux autres. Nous pouvons faire confiance à notre environnement professionnel, pour nous rendre capable de développer des relations authentiques en évitant les luttes de pouvoir et autres jeux relationnels.

La plupart des dysfonctionnements dans les organisations, dans les entreprises trouvent leurs racines dans les difficultés relationnelles. Je reste toujours persuadée que la gentillesse est une voie royale pour améliorer la communication bien sûr, mais aussi la coopération et la collaboration. Nous en avons bien besoin pour mieux vivre ensemble, nous épanouir individuellement et collectivement dans notre travail.

« La gentillesse est la noblesse de l’intelligence »

Jacques Weber