Après neuf mois de confinement, déconfinement, re-confinement…comment retrouver de l’énergie lorsque votre moral et votre humeur sont  en berne ? Stressé, fatigué, démotivé peut-être, pas facile de tenir le cap alors que nous arrivons en fin d’année.
La période est moins ensoleillée, les journées plus courtes et plus froides, les perspectives d’avenir encore bien floues. Décidément les ingrédients qui encouragent la morosité sont presque tous là, vont-ils faire plonger votre énergie dans les bas-fonds ?!

C’est une option…mais pas la seule heureusement…

Tous, nous abordons cette fin d’année éprouvés physiquement et parfois psychologiquement.
Le télétravail pratiqué par beaucoup de personnes, souvent subi, en mode confiné et contraint, est un exemple parmi d’autres qui peut impacter l’énergie et le moral.

« Avant la pandémie, je me disais que le télétravail serait une bonne option : moins de transport, plus de flexibilité dans mes horaires et d’autonomie dans mon quotidien me disait Alexandre.
Que nenni ! Après huit mois, je suis finalement plus stressé et fatigué qu ‘avant : les vidéos réunions quasi quotidiennes qui n’en finissent pas, le temps passé seul devant mon écran sans pouvoir interagir avec mes collègues font de cette nouvelle organisation une mauvaise expérience.
De plus, j’ai l’impression de vivre en vase clos, de mon lit au bureau, de mon bureau à la cuisine et retour… »

Pendant l’intégralité de cette année il a fallu s’adapter aux contextes d’urgences successifs . Tous ces changements mettent nos organismes à rude épreuve. Les incertitudes, le surmenage, la réorganisation régulière peuvent conduire à l’anxiété, au découragement et au désengagement.

Énergie, motivation et émotions…

Avant cette crise nous vivions comme plusieurs vies au sein d’une même journée : le temps de se préparer le matin, le temps pour accompagner les enfants à l’école, le temps pour travailler, celui pour les transports, le temps pour le dîner en famille, le temps pour les amis…chaque temps permettait un moment de transition, qu’aujourd’hui beaucoup ont perdu.

Désormais les occasions de distractions sont moins évidentes, une certaine monotonie s’est installée, les exutoires se font rares et nous ressentons plus fortement les émotions qui sont plus tangibles.

Tout naturellement, je rencontre beaucoup de clients qui actuellement dorment mal, très mal. Nous savons bien tous que la privation d’un sommeil réparateur n’aide en rien la maîtrise du stress et le retour à une humeur plus stable.

Alors bien dormir pour retrouver de l’énergie ? Peut-être, mais comment faire lorsqu’on a la tête bien chargée de tensions, de déceptions, d’inquiétudes en tous genres, privé de contact avec les collègues et que le travail à distance, mine de rien, nous épuise ?

Voyez que les sujets qui suscitent en nous des réactions émotionnelles désagréables ne manquent pas. C’est en sorte la voie royale pour   les ruminations en tous genres qui encouragent chaque jour un peu plus l’installation du stress et sa cohorte de pensées nocives.

La peur du lendemain, la peur pour les autres ou pour soi, la peur de ne pas savoir quand cela va se terminer, toutes ces peurs là qui prend le temps de les écouter ?

Et si la période était particulièrement favorable pour apprendre comment être mieux avec soi-même et découvrir comment rendre utile les émotions qui nous traversent ?

Oui mais comment débrancher ?

Les émotions n’apparaissent pas pour rien ni par hasard, elles sont indispensables à notre passage à l’action. Néanmoins, sommes nous à l’aise avec elles ? Pas vraiment !

Avouons le, nous avons plus souvent fait en sorte de les ignorer et particulièrement au travail où elles n’avaient pas leur place.

Lorsque la situation est chargée d’incertitudes comme c’est le cas actuellement, l’idée « mieux être » serait d’apprendre à être en confort dans l’inconfort ! Autrement dit, apprendre de façon stratégique à prendre en compte toutes situations inconfortables pour reprendre contact avec nos besoins.

Sans contrôle sur les circonstances, nous en avons en revanche sur la maîtrise de nos ressentis.

L’acceptation pour retrouver de l’énergie

Et si la première des démarches pour enclencher un processus interne plus vertueux, était d’accepter les difficultés, les doutes, les efforts à fournir ET les émotions ?

Manon est très attachée à ses routines professionnelles et personnelles. Elle apprécie son travail, qu’elle maîtrise parfaitement. Tout est planifié, organisé et effectué dans les temps. Elle a du comme l’ensemble du personnel, travailler chez elle, loin de ses habitudes. Elle a toujours eu horreur de tous les changements. Cela génère chez elle beaucoup de peurs.

Après un travail sur cette émotion et surtout sur les pensées qu’elle alimentait, elle a compris que le fait de ne pas accepter des circonstances qui étaient en dehors de son contrôle, lui faisait perdre une grande part de son potentiel d’adaptation et l’empêchait de vivre de nouveaux apprentissages.

Elle ressent aujourd’hui toujours cette peur mais elle apprend petit à petit à ne pas la renforcer : « C’est normal, comme à chaque fois que je sens que je ne suis plus en contrôle, la peur revient ».

Elle est en mesure maintenant de ressentir physiquement sa peur. Son corps l’informe de ce qu’elle vit “à l’intérieur" et il s’agit de l’écouter. 

Sa stratégie personnelle c’est la respiration, avec laquelle elle découvre comment prendre du recul. Elle se positionne ainsi de façon plus favorable pour relativiser.
Elle retrouve alors plus d’énergie et de motivation, ce qui la conduit à rechercher plutôt les bénéfice face au changement.

Chacun sa stratégie

En fonction de chacun, d’autres stratégies sont envisageables pour se  confronter aux difficultés que nous rencontrons tous.  Vous pourriez par exemple préférer réévaluer vos pensées ou vous plonger dans une image souvenir ou imaginaire positive.  La période est particulièrement propice pour ritualiser certaines pratiques comme, prendre l’air, contempler la nature ou la ville, cultiver son jardin, au sens propre comme au figuré. Toutes ces stratégies devraient ouvrir la voie à l’acceptation qui reste un préalable afin de pouvoir ensuite critiquer ou modifier un système de pensées. 

Les émotions sont de précieuses alliées pour nous accompagner dans l’exploration de nos mécanismes personnels. Nous sommes le pilote de notre machine personnelle et nous avons souvent tendance à l’oublier…