S’il y a bien une période pendant laquelle la question du temps se pose, c’est bien celle du mois de janvier ! La gestion du temps, qui est devenue notre manière de le vivre, nous propose une quantité d’outils efficaces, c’est indéniable, pour ajouter plus d’efficacité et de performance à nos journées.

Si nous suivons la logique de la gestion du temps, elle nous enseigne que la façon la plus rapide et la plus performante d’aller d’un point A à un point B est la ligne droite : une liste chronologique de tâches à exécuter, l’une s’appuyant sur la précédente et la complète, pour arriver à l’objectif final.

Je ne sais pas vous mais personnellement, j’ai encore un sentiment de contrôle, de puissance, de satisfaction et de sécurité lorsque tout est orchestré ! L’idée de vivre comme une battante me semble encore parfois la meilleure option pour concrétiser ce que je veux.

 

Tout est-il vraiment sous contrôle ?

 

Le problème, c’est que le cours des événements s’oppose parfois à l’élaboration de nos plans ! Difficultés avec les équipes, difficultés avec l’entourage, une fatigue, un dossier que l’on pensait simple et qui s’avère beaucoup plus complexe. Les situations qui viennent semer le désordre sont nombreuses. Nos planifications parfaitement organisées se heurtent alors à tout ce qui est hors de notre contrôle !

En conséquence, les outils de gestion du temps  se retournent contre nous en générant beaucoup plus de culpabilité et de stress que d’épanouissement « je n’ai rien fait de ce qui était prévu aujourd’hui ! »

En fait, n’avons-nous pas appris à considérer nos journées professionnelles et personnelles presque uniquement du point de vue de l’utilité et de la rentabilité ?

Certains s’y retrouvent : ceux pour lesquels le progrès, la compétition, l’efficacité sont des valeurs importantes. Le temps n’est-il pas une ressource à utiliser au maximum puisque la démarche de gérer son temps nous aide à FAIRE toujours plus !?

 

Qu’est-ce qui coince alors ?

 

Il y a pourtant bien des domaines où le plaisir et la joie de vivre sont à saisir tout simplement ! Nul besoin d’objectifs et encore moins de planification.

C’est vrai que passer du temps à imaginer, à laisser pousser plus de créativité et de curiosité, à saisir l’instant ne fonctionnent pas selon la loi de Pareto !

Je crois que notre société a grand besoin de cultiver plus de savoir-être, nous avons tant œuvré pour le savoir faire !

Vous avez déjà tous expérimenté des moments non programmés qui vous ont comme oxygénés. Et pourtant, nous agissons la plupart du temps comme si ces moment-là n’étaient pas de première nécessité. Imaginez partir en vacances visiter un lieu extraordinaire et passer toute vos journées l’œil collé à l’objectif de votre appareil photo ! Certes, vous collecterez beaucoup de clichés mais qu’aurez-vous vécu réellement ? Que percevrez-vous de l’environnement dans sa globalité, des personnes avec lesquelles vous auriez pu échanger ?

 

Alors on fait quoi ?

 

Il ne s’agit pas de laisser tomber les objectifs et la planification mais plutôt de rétablir une relation à soi, sans laquelle il pourrait être difficile de profiter de chaque jour et de chacun de nos domaines de vie.  

Combien de fois avons-nous atteint avec succès un de nos gros objectifs, celui sur lequel nous avons fourni un gros travail mais qui nous a demandé de grignoter un peu d’autres parties de notre vie ? Souvent nous enchaînons les  dossiers, sans prendre le temps de savourer ou de « réparer » le temps pris ailleurs ?

Nous avons toujours autre chose de plus urgent dont il faut nous occuper, plutôt que de soigner ce temps-là. Une urgence suit l’autre et si nous peinons à fixer nos limites, ce sont même les urgences des autres qui remplissent l’agenda…

Nous pouvons observer par exemple comment nous nous sentons face à une semaine déjà très chargée. Personne d’autres ne pourra ressentir ce stress, cette anxiété si ce n’est nous. Que faire alors ? Continuer à contrôler ses émotions et son temps ou bien accepter d’être au bord de ses limites et s’autoriser à reporter quelques rendez-vous par exemple.

 

Une démarche différente ?

 

Pourrions-nous ajouter un peu de bienveillance à notre efficacité ? Pourrions-nous planifier en priorité nos temps de détente en les faisant précéder d’un temps de concentration et de focalisation intense ? De façon à instaurer une démarche d’écologie personnelle où le vide qui entoure les actions permet leur plein épanouissement.

Les scientifiques commencent tout juste à juger ces moments de détente comme une nécessité de santé . A la clé, amélioration de la concentration et de la vitalité, meilleure réponse au stress et augmentation de l’immunité… rien d’anodin !

Nous avons besoin de ces petits temps de «  rien » et de détente pour reprendre souffle ou tout simplement laisser la réflexion, les processus, les habitudes se poser avant qu’ils ne prennent forme. Ne dit-on pas qu’il faut laisser le temps au temps ?

Ce chemin n’est pas le plus aisé dans cette société où la productivité règne. Pourtant l’observation ne peut que nous rapprocher d’un équilibre que beaucoup recherchent sans pour autant se l’accorder. Peut-être qu’en testant cette démarche, nous pourrions aussi lâcher tous ces mauvais traitements, que nous nous imposons, et ainsi parviendrions-nous à mieux soigner notre temps… comme nous-mêmes ?

Qu’en pensez-vous ?

 

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Aller plus loin :

Vous auriez besoin d’un espace de réflexion pour organiser vos journées de façon plus respectueuse ?

Discutons-en !