Les professionnels reprennent petit à petit leur travail, très heureux de retrouver un peu de leur sentiment de liberté, enthousiastes à l’idée de retrouver leurs collègues « en vrai ». Cependant, il est clair que la période a laissé des traces et qu’il est peut-être illusoire d’espérer reprendre vraiment l’activité « comme avant ».

Adaptation forcée

Tous logés à la même enseigne, il a fallu s’adapter pour répondre au mieux aux exigences de l’emploi en culpabilisant parfois de n’en pas faire assez ! (payé à rien faire ?!).

Il a fallu s’improviser prof tout en composant avec l’informatique rétive à l’installation de tas de trucs nécessaires pour télé-travailler (dixit une de mes clientes, ou est-ce moi qui était rétive ?!).

Travailler sur un coin de table, au milieu de la pièce de vie à des heures improbables parce que les enfants étaient une priorité… et tant de choses encore !

Reprendre comme avant ?

Peut-on imaginer que tout ceci n’ait pas laissé de traces ? Les 50 et quelques jours de confinement ont été vécus différemment entre ceux qui ont été mis en chômage technique et ceux qui ont télé-travaillé. Pour ceux qui ont eu une surcharge importante de tâches inédites à exécuter et ceux qui sont restés fidèles au poste  néanmoins contraints et qui ont dû faire avec leur anxiété.

En effet, cette crise a bouleversé le quotidien et soulevée des émotions variées.

Paradoxalement, pour beaucoup, le déconfinement est plus compliqué que le confinement.

Utilisons nos émotions

Nous quittons « notre routine de confiné », plus ou moins rassurés, l’esprit encombré de questions diverses en appréhendant ce que réserve l’avenir même si retrouver une vie professionnelle et personnelle à peu près normale est motivante.

C’est pourquoi, pour nous aider à faire preuve de résilience, notre écologie personnelle est donc à travailler :

  • Qu’avons-nous appris de nous ?
  • Que gardons-nous de cette expérience ?
  • De nouvelles forces ? De nouveaux talents ?
  • Face aux incertitudes, quelles sont nos ressources  ?
  • Observons-nous des incidences sur nos relations aux autres ?

Ce vécu c’est le moment de le partager, c’est le temps de l’exprimer en terme de besoins pendant cette transition, pour rendre utile l’expérience.

Je sais que les émotions suscitent de nombreuses réserves en entreprise. Le moment parait pourtant totalement approprié pour jeter les bases d’un climat relationnel plus positif.

De nouveaux besoins relationnels

Accueillir les émotions de chacun sera à la fois une nécessité et une difficulté, notamment pour les managers généralement peu habitués à ce genre d’exercice.

D’autant que 70% d’entre eux se disent éreintés après le confinement. Eux aussi ont dû s’adapter pour soutenir leurs équipes, organiser au mieux le télétravail de chacun, tout en faisant face à leurs propres contraintes familiales et personnelles.

Vraiment, n’oublions pas que cette transition s’avère nécessaire pour prendre du recul. Elle peut permettre de prendre conscience des nouveaux apprentissages, d’interroger la place et le sens du travail dans notre quotidien. De nouveaux besoins ont pu émerger et de nouvelles propositions se dessiner pour donner quelques points de repères pour la suite et tracer, pourquoi pas, les premières lignes d’horizon pour éclairer les enjeux de l’avenir.

Dans une période où nous avons bien ressenti le besoin fort de solidarité, l’entreprise a besoin aussi d’humanité pour rester en mouvement et relever les défis qui s’annoncent.

 

Chacun est responsable de tous. Chacun est seul responsable. Chacun est seul responsable de tous.

Antoine de Saint – Exupéry