Le changement est souvent vécu comme une épreuve alors qu’il n’est que le signe du mouvement perpétuel de la vie. Pourtant, naturellement nous avons plutôt tendance à y résister. S’il nous est plus facile de maintenir notre équilibre lorsque nous sommes en période stable, c’est beaucoup plus difficile en période de turbulences.

La remise en cause de l’existant

Le monde dans lequel nous évoluons est de plus en plus incertain et nous nous sentons très chahutés et perturbés dans notre quotidien : professionnellement et personnellement tant de choses ont changé !

Dans ces conditions, nous sommes face à deux possibilités, faire en sorte de ne rien changer ou bien embarquer et suivre le courant du changement pour en sortir renouvelé ?

Et pour ne rien arranger, il nous est demandé de nous ajuster rapidement là où précédemment au moins, nous pouvions modifier certaines habitudes, un pas à la fois, sans devoir tout chambouler.

Aujourd’hui s’adapter rapidement est nécessaire et apprendre à opérer les changements instantanément en sachant que tout peut être révisé du jour au lendemain n’est pas évident.

Il faut sans cesse remettre l’existant en cause et ceci est bien exigeant pour notre univers mental.

En automatique ?

De plus, lorsque de façon contrainte, il faut faire face à une nouvelle organisation ou à des modifications de travail qui interrogent, alors l’adaptation est encore un peu plus compliquée.

Elle vient solliciter des émotions susceptibles de produire des comportements de rejet, de démotivation, de difficultés relationnelles. De plus, le climat général de peur est fortement présent, notre cerveau automatique en charge de notre survie, prend toute sa place. En conséquence, cela n’encourage ni l’envie ni la motivation.

Le moindre changement va donc générer de l’inconfort, vite repéré et amplifié négativement puisque sous l’emprise de notre cerveau archaïque et émotionnel, notre système interne s’active en mode automatique pour nous protéger. Alors fuir, combattre ou ne plus bouger sont-ils nos seuls choix possibles ?

Un cerveau à l’économie

Pour être efficace le cerveau face à un changement va procéder à des mesures rapides et inconscientes : soit vers le passé en établissant des comparaisons, soit vers l’avenir en faisant des suppositions.

Le tout peut générer de la frustration, du ressentiment, de la culpabilité, de la peur…

De plus, si ce qui est proposé n’est pas suffisamment clarifié, que la personne (et son cerveau) ne comprennent pas le sens de la transformation demandée, il choisira d’office de ne rien modifier. Voilà qui n’arrange rien !

Accepter n’est pas passif

Quand la situation s’avère complexe comme actuellement, le doute et les incertitudes nous envahissent. Peut-on gérer ces émotions ? Non ! Lorsque l’émotion apparaît rien n’est possible, elle est là et c’est tout !

En revanche, face à elles, plusieurs choix sont possibles :

– Les reconnaître, les observer pour comprendre le besoin et les rendre utiles.

– Ou bien embarquer à travers elles vers une tendance assez naturelle à nous opposer, en générant des tas de pensées qui vont venir alimenter le rejet, la méfiance ou carrément la défiance.

Pour David, manager senior, l’obligation de conduire ses équipes à distance est un challenge qu’il ne réussit pas à transformer« La technique me fait peur et j’ai l’impression que dorénavant nous allons devoir travailler au maximum à distance. Cela me perturbe tellement que j’en perd le sommeil. J’ai peur de passer pour un C* au premier dysfonctionnement technique »

Bonne nouvelle, nous avons tous une marge de progression facilement accessible.

Une priorité : s’observer

Toutes les situations de changement nous invitent à piocher dans des ressources qui dépassent largement notre propre intellect puisque le corps a aussi son rôle à jouer.

Pour David ce changement obligatoire dans sa manière de travailler le place sous un stress important. Il a peur d’être jugé incompétent.

Pour le moment l’émotion qu’il alimente par beaucoup de pensées limitantes, le place dans une forme de rigidité et l’empêche d’accéder à ses solutions.

Quand une contrainte extérieure (ce changement) rencontre une autre contrainte intérieure (sa peur) , nous sommes sous domination et nous sommes dans un espace insoluble ! Il est alors très difficile d’accéder à nos ressources.

Ce n’est pas dans la tension que l’on trouve des solutions

En revanche si David récupère corporellement un endroit de confiance et de calme à l’intérieur de lui, il a alors une opportunité de croissance pour traverser le challenge. Comment peut-il retrouver son centre ?

La méthode la plus simple et pourtant peu utilisée reste la respiration consciente.

Pour résumer :

 Qu’est-ce que je ressens ?

 Qu’est-ce que je me dis ?

 Que se passe t-il dans mon  corps ?

 Je respire consciemment

Comment évolue ma posture ?

La respiration impacte les émotions et déconnecte des conditionnements et des automatismes du mental. On comprend mieux alors en quoi l’acceptation favorise la prise de recul afin de commencer à entrevoir des solutions possibles.

Pour David, l’expérience l’a ouvert à deux solutions pour opérer un changement dans son management :

– S’autoriser à dire qu’il n’était pas à l’aise avec la technique et que la situation était inconfortable pour lui.

– De demander au service informatique, un petit temps de formation pour apaiser ses craintes.

Tout ceci nécessite de l’engagement et de la persévérance…prêt pour le voyage ?